La chenille processionnaire du pin

Le paysandisia archon

La galéruque


La chenille processionnaire du pin.


Comme chaque année, de nombreux cocons soyeux sont observables dans certains pins. Il s’agit des nids d’hivernage des chenilles processionnaires du pin. A la fin de l’hiver, les chenilles descendent s’enfouir dans le sol pour s’y chrysalider avant de devenir papillon.

Peu connue pour la beauté de ce dernier, l’espèce est surtout cause d’inquiétudes pour les effets dévastateurs des chenilles sur les pins et les cèdres. Elle est aussi à l’origine de graves problèmes d’allergie et de respiration sur l’homme et les animaux. 

Chenille - Montfrin

Quels sont les risques ? 
Pour les populations humaines et les animaux domestiques :
Le corps des chenilles est recouvert de poils urticants microscopiques qui se brisent facilement et sont transporté dans l’air lorsque la chenille se sent agressée. Ils sont également présents en quantité dans les nids, ce qui rend leur manipulation dangereuse. Leur caractère urticant peut provoquer chez l’homme des réactions de démangeaison au niveau du cou, des mains, du visage. Le contact avec les yeux est aussi dangereux, et leur inhalation peut provoquer une gêne respiratoire, voire une crise d’asthme.
Les animaux les plus atteints sont les chiens et les chevaux, souvent victimes, à terme, de nécroses de la langue.
Une colonie de chenilles se nourrit de 2kg d’aiguilles (en poids sec) : cinq colonies peuvent entièrement défolier un pin de 20 ans.

De manière générale, il est essentiel de recommander la plus grande vigilance envers ces chenilles. Les poils urticants sont invisibles à l’œil nu. Ces poils peuvent rester en suspension et être urticants même après les processions .
En cas de réaction cutanée ou de troubles respiratoires, consulter en urgence un médecin en lui précisant la présence des chenilles processionnaires.

Que faire contre l’insecte ?  Quelles possibilités de lutte ?
Les luttes possibles limitent les populations mais aucune d’entre elles ne permet ni d’éradiquer le ravageur, ni d’éviter une nouvelle infestation, car les chenilles peuvent rester enfouies dans le sol de quelques jours à 5 années et ces papillons volent sur de grandes distances (de 3km pour les femelles à 25 km pour les mâles).
La lutte par produit chimique est à proscrire en zone urbaine (elle est limitée aux grands espaces forestiers).
Les méthodes de lutte prophylactique et biologique permettent la régulation de cet insecte et limitent localement ses populations à un taux compatible avec la présence humaine. Ces différentes méthodes sont complémentaires les unes des autres.
Basées sur le cycle biologique de l’insecte, de ses prédateurs et de ses arbres hôtes, ces méthodes de lutte ne peuvent être efficaces que si elles sont effectuées de façon raisonnée et au moment opportun.

Exemple du piégeage par phéromones.
Les chenilles donneront naissance, après chrysalidation, à un papillon qui ira se reproduire pour multiplier les populations.
C’est à ce stade qu’une stratégie de lutte est envisageable : la technique de piégeage des papillons par phéromone est une solution biologique qui permet de réduire les populations en empêchant la reproduction des papillons.
Le piège est installé dans l’arbre (à 3 mètres de haut maximum). A l’intérieur, se trouve une capsule reproduisant le parfum spécifique de la femelle : la phéromone. Le mâle attiré par cette odeur tombe dans le piège et se noie dans le liquide.
Contrairement aux traitements chimiques, cette méthode non polluante est inoffensive pour la santé et l’environnement. Tout l’avantage se situe dans la spécificité de ce piège à phéromone, qui protège les autres espèces de papillons qui risqueraient d’être détruites en utilisant des méthodes pourtant biologiques et sélectives comme l’insecticide biologique Bt (bactérie Bacillus thuringiensis) destructrice du système digestif de tous les papillons.

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Le paysandisia archon

Ce papillon "palmivore" est un lépidoptère de la famille des Castniidae.
Il est originaire d’Amérique du sud, Argentine (nord-ouest) Paraguay, Uruguay (ouest) et Brésil (sud).

Insectes - Montfrin

L’introduction du papillon en Europe a commencé via l’Espagne au début des années 1990 suite à l’importation de palmiers en provenance d’Argentine (Butia, Trithrinax), et s’est étendue à la France et à l’Italie à la fin de la décennie 90. L’extension rapide de l’infestation a été due ensuite aux déplacements incontrôlés des palmiers entre départements ou pays et, localement, grâce aux capacités du papillon à voler sur plusieurs kilomètres.
Il fut repéré en 2001 chez des pépiniéristes varois dans la région de Hyères, très certainement après l’importation de palmiers, prélevés dans la nature. En absence de prédateur et profitant du commerce des palmiers, ce papillon s’est très rapidement répandu dans tout le sud de la France. Il est localisé en 2002 dans l’Hérault.

Les méthodes de lutte peuvent se classer en 4 catégories :
1 - lutte chimique (insecticides et répulsifs).
2 - contrôle mécanique (ensachage, glu).
3 - confusion sexuelle (phéromone synthétique) et piégeage chimique (kairomone).
4 - lutte biologique (prédateurs, parasites), pathogènes (nématodes, champignons, bactéries et virus).

Plusieurs caractéristiques biologiques de Paysandisia archon rendent son contrôle difficile :
Les larves sont endophages presque toute leur vie (pas d’effets des insecticides de contact traditionnels, manque d’accessibilité pour les prédateurs/parasites polyphages). La phase exophage est très courte (quelques minutes le plus souvent) et se déroule durant l'été (sec) rendant le contact très aléatoire avec les parasites type nématodes, champignons entomopathogènes (Beauveria sp.) ou virus. L'utilisation de toxines ou de spores de Bacillus thuringiensis semble se heurter aux mêmes problèmes.
Les œufs sont déposés individuellement ou en petit nombre et camouflés dans les fibres du stipe (peu d’efficacité des parasites et prédateurs sur les palmiers à fibre).
Les adultes ne se nourrissent pas et sont diurnes (piégeage trophique, lumineux inenvisageable).
Pas d’attraction sexuelle à longue distance (confusion sexuelle peu prometteuse).

Paysandisia archon présente somme toute quelques faiblesses :
- son cycle est restreint à une portion faible et localisée de son hôte (zone de la couronne : base des rachis et haut du stipe sur environ 40 à 50 cm).
-bien que bon voilier, il est alourdi par des réserves importantes dans son abdomen (l’imago ne s’alimente pas) et par le stock d’œufs (~140) pour les femelles, donc toute gêne sur ses ailes va le déséquilibrer irrémédiablement.

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LA GALERUQUE DES ORMES Xanthogaleruca luteola

D'origine européenne, on trouve la galéruque de l'orme notamment au Portugal, Espagne, Galeruque - MontfrinFrance, Belgique, Luxembourg, Allemagne, Suisse, Italie, ... mais aussi en Amérique du Nord.

L'imago mesure 5,5 à 7mm de long. Il est de couleur jaunâtre à gris olive avec une fine strie noire à la base des élytres et une large bande noire humérale. Une tache brune est visible à la base et entre les antennes, et trois autres sur le pronotum.B).

Les larves possèdent trois paires de pattes.

Les adultes hivernent dans le sol ou sous les débris végétaux et émergent de façon échelonnée du début avril jusqu'à mai. Ils se nourrissent alors des jeunes feuilles en croissance, s'accouplent et pondent à partir de la fin mai.

Chaque femelle pond en moyenne 500 oeufs jaunes, brillants et coniques qu'elle dépose en paquets de 5 à 30 à la face inférieure des feuilles.

Galeruque - MontfrinMoins de 10 jours après, les larves éclosent. Très voraces, elles rongent le limbe en respectant les nervures et l'épiderme supérieur des feuilles.

A la mi-juin, les larves quittent le feuillage pour aller se nymphoser à la base du tronc dans les anfractuosités de l'écorce ou dans le sol (3-4cm de profondeur).

Dix jours plus tard environ les adultes apparaissent et pondent. La seconde génération de larves ronge les feuilles en août-septembre. Les galéruques ont de bonnes capacités de vol et se dispersent facilement.

Les adultes se nourrissent des feuilles en y découpant des trous ovales caractéristiques. Toutefois, les dégâts les plus importants sont ceux causés par les larves qui consomment tous les tissus des feuilles à l'exception de l'épiderme supérieur et des nervures de grandes tailles.Les feuilles ont alors un aspect de dentelle, elles meurent et chutent prématurément.

La lutte contre cet insecte n'est pas envisageable sur les arbres forestiers mais seulement sur les arbres d'ornements à l'aide du insecticide homologué.
Cet insecte attaque toutes les essences d'orme et notamment Ulmus campestris.

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